Sur une musique de Sibélius.

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Un tableau peut en cacher un autre.

Ce roman, que vous avez choisi par inadvertance parce qu’il était là, comme une amitié inattendue, émet une musique douce, romantique et triste tout au long de ses chapitres. Lorsque vous le fermez, votre émotion est telle que vous restez encore un moment, assis, comme si cette position permettait à la musique de s’arrêter calmement. Le roman se termine dans la lenteur de la tristesse.
Cette partition est écrite à trois voix, celle du récit, orchestral, celle d’Anna en pizzicati et d’Eeva, violoncelle émouvant. Elle raconte la même histoire, avec les mêmes personnages dans un temps distendu.
cvt_larmoire-des-robes-oubliees_7176Elsa, psychologue émérite, épouse de Marrti, peintre reconnu, va mourir d’une chienne de maladie; chacun le sait; de l’époux à la fille, Eléonoora et à ses petites filles, Anna et Maria.
Chacun en profite pour faire le bilan de sa vie mais c’est surtout Anna qui part à la recherche du mystère de ses parents, de ces événements qui ont marqué leur vie commune. Elle raconte ses investigations.
Sur une autre ligne d’harmonie, Eeva fait le récit des ses amours passées et datées avec celui qu’elle appelle « l’homme ». Conviée à venir en aide à la famille Ahlqvist pendant les absences, d’Elsa. Seulement, rien ne se passe dans la quiétude de l’ordinaire et sa vie est bouleversée par cette rencontre à laquelle s’ajoute celle de la « petite » dont elle a périodiquement la garde.
Nous suivons la musique de chapitre en chapitre, de période en période, de flash-back en flash-back et l’on finit par être gagné par cette tristesse occasionnée par le drame qui se déroule sous nos yeux. L’art de l’auteur consiste à organiser une progression dramatique parallèle entre le devenir respectif d’Elsa et d’Eeva dont les prénoms se répondent en écho, comme deux destins similaires bien qu’asymétriques. Le style est imagé, coloré, musical, aux parfums de sauna.
On remercie en silence l’auteur de nous avoir donné ces moments intenses de tristesse, comme s’ils nous renvoyaient à notre propre existence. Emouvant. Très.
Alain Dagnez.

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