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Du « temps des amours » au « temps des secrets » et des déceptions.
Nous avions publié récemment le commentaire du livre précédent « ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » et nous avions dit notre plaisir extrême à parcourir ce chef d’oeuvre de la littérature américaine. Il en sera de même ici.
Jean-Louise, dite, de moins en moins, « Scout » revient au pays, bien des années après. Elle retrouve à peu près les mêmes personnes: son père Atticus, sa tante, Alexandra. Manquent à l’appel Jem, son frère. Calpunia, la bonne noire, remplaçante de maman, a pris sa retraite. La ville, Mycomb, n’a pas changé, en apparence.
L’auteur ajoute à sa liste le Dr Finch, son oncle, Henry Clinton, Hank, son ex-fiancé. Elle se remémore les bons moments qu’elle a vécus avec tous ceux-là et raconte, par exemple, pour notre plus grand plaisir l’épisode du bal du lycée où il est question de coussinets volants, qui provoquent un scandale auprès! du directeur, Mr Buffet, dit « la Touffe »: à mourir de rire.
Mais la situation a changé à Mycomb, le climat n’est plus la même: Jean-Louise s’aperçoit que l’Alabama, sous les coups de factions séparatistes, reprend de vieilles habitudes racistes et que, même son père, si adulé, a, semble-t-il, changé d’opinion. Calpunia ne lui réserve pas le même accueil. Scout est toute retournée.
Alors, elle se lance dans une longue diatribe contre sa ville, contre son père, digne d’une plaidoirie – n’est-elle pas fille d’avocat? Elle va quitter la ville définitivement. plus personne n’est digne de sa présence et de ses convictions? Qui pourrait la retenir?
Ce qui est étonnant dans ce livre c’est qu’on retrouve le même style enjoué d’un petite fille qui n’a fait que grandir. Le temps continue à être destructuré. Les phrases sont à mi-chemin entre la poésie et l’humour hilarant. Harper Lee possède le don de nous émouvoir et de nous grandir en humanité. On reste collé au roman, le sourire bienveillant aux lèvres,  pour apprendre qu’elle n’écrira plus de suite: Harper Lee est décédée en février 2016. Dommage! Il n’est si bonne compagnie qui ne se quitte. Il en est que l’on regrette. Hélas!

Alain Dagnez.

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