Folie Douce, roman d’une nounou hors du commun. Heureusement

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Ce roman ne peut s’adresser à un couple qui souhaite confier sa progéniture à une nourrice à demeure: il ne pourrait vivre que dans l’angoisse perpétuelle d’un appel intempestif et rédhibitoire.
Alors qui peut s’intéresser à un tel récit? Quiconque est à la recherche du Prix Goncourt de l’année et qui voudrait en parler pendant les soirées et les invitations très en vogue en cette période. Qui d’autre? On cherche.
Ce n’est pas que ce soit mal écrit, non! Ce n’est pas que l’histoire manque d’intérêt: on ne le dirait pas! Alors d’où nous vient cette impression indéfinissable de n’avoir pas assez accroché?
Ca commence comme dans les séries de l’inspecteur Columbo: on connaît dès le début qui a fait le coup. Myriam et Paul, dont le métier requiert de s’absenter longtemps dans la journée, sont à la recherche d’une nounou à plein temps pour s’occuper de leurs enfants, Mila et Adam. Ils la trouvent en la personne de Louise, bardée de recommandations. Parfaite à tous points de vue. Ils l’engagent.
Elle prend place, toute la place, s’installe tant et si bien qu’elle occupe toute la maison; elle phagocyte l’espace, fait la cuisine, répare, ravaude, achète, se transforme, hors de ce que pourquoi elle a été engagée, en bonne à tout faire, allant jusqu’à préconiser aux deux employeurs déresponsabilisés de faire une autre enfant. Comme si!
Alors, tout se dégrade lentement, progressivement, inexorablement. Jusqu’à ce qu’on sait déjà: l’incompréhensible.
product_9782070196678_98x0Ce qui fait notre gêne, c’est l’absence d’intrigue réelle qui prend le lecteur et ne le lâche plus. Ce qui fait notre réticence, c’est aussi que le style ne nous retient pas: il plane dans un long récit sans saveur. On est chez l’auteur comme chez soi: pas de mystère. On finit par trouver que c’est un peu longuet. Leila Slimani a beau rajouter Stéphanie et un mari décédé, rien n’y fait: on se lasse.
Certes, ce roman valait quelques honneurs pour ses quelques mérites. Mais quant à lui attribuer le fameux Prix? On en doute: des milliers de livres ont cette tenue. Alors quoi? Le Prix « Galligrasseuil » aurait-il en core frappé? Un coup toi, un coup moi.
Alain Dagnez.

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