Check-point de Jean-Christophe Rufin. Ed: Gallimard.

imagesSalaire de la peur en Macédoine.

L’Humanitaire, voilà une belle institution: partir à quelques-uns, la fleur au fusil – surtout la fleur – à l’ombre de l’ONU, par exemple, pour faire parvenir aux populations persécutées, sous le feu de la guerre, le nécessaire à leur survie; vêtements chauds, médicaments. Rhabiller ces pauvres enfants qui tendent la main derrière leurs visages noircis par le besoin!
Sauf, qu’ici le convoi n’est pas composé que d’âmes bienveillantes. Cinq personnages, en quête de destin et d’émotions fortes; Lionel, chef de convoi, Vauthier, barbouze infiltré, Alex et Marc, anciens militaires et Maud, qui recherche ce qu’elle va rencontrer. Deux camions, en principe chargés de colis utiles en direction ce cette région qui accueillit la guerre et ses horreurs en Bosnie, Serbie, Macédoine dans les années 90.
Le convoi s’achemine lentement de check-point en check-point. Progressivement, on découvre les véritables motivations des uns et des autres et, aussi, leurs petits secrets. Lionel en pince pour Maud, qui n’en veut pas; Alex et Marc forment une paire d’associés non déclarée, Vauthier malgré son air bonhomme profite des arrêts pour disparaître on ne sait où.
41-qy3vIVFL._SX210_Marc n’a pas déclaré qu’il avait dissimulé des « choses » non avouables dans un des camions. Tandis que Maud se découvre une passion brutale pour cet ancien enfant de troupe. Ils se sauvent, elle, pour vivre cet amour, lui pour livrer un paquet dangereux à une faction de cette guerre.
Le deuxième camion les poursuit à travers les montagnes escarpées. Ils rusent; On joue au chat et à la souris. Vauthier est à la manœuvre. Un duel s’engage entre ce dernier et Marc. Qui vaincra?
D’humanitaire, le convoi devient très humain, découpé en parts d’ombre et de de lumière. Jean-Christophe Ruffin raconte en expert. Le style est remarquable et le final haletant. Un bon moment de lecture.
Alain Dagnez.