N’oublier jamais. Michel Bussi. Ed. Presses de la cité.

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Le dilemme du prisonnier, version Océane.
Certains auteurs, dans leur enfance sans doute, ont dû développer leur goût pour l’enchevêtrement des ficelles, le désentravement des pieds de tables amoncelés ou le démêlement des cheveux longs après une bonne nuit de sommeil.
Michel Bussi semble être de ceux-là. Il nous propose une intrigue abracadabrantesque. Jugez vous même, ô lecteur habitué à plus de facilité.
L’action se déroule sur la côte normande, déjà évoquée dans « Gravé sur le sable ». L’auteur nous propose le récit autobiographique d un certain Jamal Salaoui. Il s’est trouvé, le pauvre, au centre d une machination infernale: on l’accuse de meurtres, dont il ne peut, matériellement, être responsable, celui de deux filles, belles comme le jour, assassinées, à dix ans d’intervalle. La police le talonne. Il fuit.
Dit comme cela, ça parait simple, mais Michel Bussi va nous balader d’un meurtre à l’ autre, d’un coupable à l’autre, d’une amourette à l’autre,  sur fond d’enveloppes grises posées là, qui ne font qu’embrouiller un peu plus l’esprit médusé du lecteur et du héros malgré lui. On n’est jamais à l’abri d une surprise, qui s’ajoute à une autre. Et ainsi de suite. Salaoui en devient fou, timbré, barré.
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Il y est question de Morgane, de Mona ou de Magali. Accrochez vous au bastingage! L’une plus attirante que l’autre à damner un pauvre hère handicapé de haut niveau comme Salaoui. On égare son fil…rouge. Les personnages, pour finir, ne sont pas vraiment tous  fréquentables. Tant de perversité,  comment est-ce possible?
C’est bien fait, bien ficelé, bien amené jusqu’à en perdre son souffle et son Latin. On peste, souvent, contre l’auteur mais on ne lâche pas, tant il a l’art de retenir son monde.
A la fin, on pense avoir tout compris. Tout juste. Encore que…Bon courage!
Alain Dagnez.

Je peux très bien me passer de toi, de Marie Vareille. Ed Charleston.

Marie Vareille.jpegL’amour est dans la vigne est pas seulement.
Si vous avez aimé les Rougon Macquart, la Comédie Humaine ou la Recherche, passez votre chemin: on n’est pas dans la même problématique, comme on dit pudiquement dans certains milieux.
Mai si, au contraire, vous voulez respirer l’air de.notre temps, attraper la musique de notre époque, ses codes et son langage, entre deux verres de rosé, en plein été, ce roman fera votre affaire.
De quoi s’agît il? Deux filles, la trentaine bien évoluée, Chloé et Constance, sont, comme souvent à notre époque,  malheureuses en amour, l’une parce  qu’elle s’emmêle dans trop de bluettes, l’autre parce qu’elle est, comme elle l’avoue, dans un «no sex land» permanent, qui la navre.
Je peux très bien.jpgElles se lancent un défi: Chloé fera abstinence pendant six mois, loin de la Capitale, dans un village bien provincial; Constance devra développer son sex appeal, jusqu’à ce qu’amour s’en suive: elle prendra des cours de séduction. Oui, oui, ça s ‘apprend, paraît-il.
Chloé se raconte, Constance écrit son journal intime; c est ainsi que se dévoilent leurs aventures de chapitre alterné en chapitre alterné.
Bien sûr. rien ne se passe comme prévu. A la fin, on se retrouve tous dans le sud ouest à boire du rosé frais  plus que de raison, à tenter de défaire tous les noeuds que l’on s’est acharné, sans le savoir, à nouer.
Oui, elles vont trouver toutes deux l’amour, le beau, le vrai et, le lecteur, futé, devine qui aura leurs suffrages, bien plus facilement que chez Hercule Poirot. Il faut dire: point n’est besoin de beaucoup de petites cellules grises. Quelques épisodes retiennent votre attention comme. par exemple, celui de la Mamie Rose: beau moment de croisement générationnel, empreint d émotion et de tendre respect.
C’est tout.  C’est bien assez. C’est l’été. Ça se lit, comme on déguste un crû de l’année, sur la terrasse, les pieds au repos, comme le reste, à l’heure où craquettent les cigales.
A votre santé.
Alain Dagnez.