Requiem pour un poisson de Christine Adamo. Ed: Liana Levi.

Parmi les coelacanthes, se cachait un crabe.

Requiem pour un poisson-1« Gombessa », vous dit-il quelque chose? Non? Et « Raja », non plus? Alors peut-être que « coelacanthe » vous inspire davantage; à moins que ce soit « Arundela » dont vous auriez entendu parler? Nenni! Hé bien, ce sont les différents vocables que porte un poisson. A lui seul, il donne matière à ce roman scientifico-policier. A moins que ce ne soit l’inverse.
Scientifique, il l’est puisque écrit Par Christine Adamo, « spécialisée dans la gestion environnementale » nous dit Wikipédia et qui a participé à l’élaboration d’un parc pour Coelacanthes (prononcez Seulacanthes ) », aux Comores. Vous voyez le rapport maintenant.
Christine Admo-1L’amusement de l’auteure ne s’arrête – ne s’arête! – pas là: elle écrit aussi des romans bâtis sur le principe que la science peut se mêler d’intrigues meurtrières. Christine Adamo, cette fois, a fait fort: elle a décidé de nous promener d’une époque à l’autre (1938, 1052, 1968, 1998 etc.), dans le désordre et plusieurs fois .
Pas seulement ; nous naviguons des Comores à l’Afrique du Sud jusqu’en Asie du sud-est à la recherche de ce fameux coelacanthe, peut-être le chaînon manquant entre le poisson et l’homme avant qu’il ne sorte de l’eau.
On croise des personnages nombreux, hommes ou femmes, dont beaucoup ont la particularité de mourir bien avant l’âge dans des accidents tous aussi stupides. qu’accidentels. Qui en veut donc à tous ces personnages? André Darsan, Charles Easton, Pierre Hauterive, Jan Van Gueldre, Victoria Grieg, Henriette Da Costa et bien d’autres encore: l’assassin fait dans la parité! Tous ont la particularité de s’intéresser au poisson susnommé.
Coelacanthe-1Et Marie, fille d’André, mariée à Victor: elle non plus n’est pas à l’abri d’intrus. Elle vit chez elle dans l’attente de la fin de grossesse. On la sent comme une alter ego de l’auteur; allez savoir pourquoi. Même si on peut regretter – la faute au poisson – de tant voyager dans tant de pays – heureusement une carte nous sert de viatique – parmi de nombreux personnages, le premier mérite de ce roman est de nous tenir en haleine à la recherche de l’assassin, difficilement devinable, même on subodore une certaine jalousie professionnelle dans le milieu scientifique. Tant de noms, tant de pays, tant de meurtres pour un « trilobé! », en voix de disparition!. Du moins le croit-on.
Le second est de nous infuser une science que l’on ne serait pas allé chercher sans cette lecture. Elle oblige le lecteur à se renseigner sur l’allure la vie et la nature du Coelacanthe. Nous nous sommes même surpris d’être allé quérir sur Youtube un reportage évoquant cet animal réputé incommestible, même en papillote.
Alain Dagnez
PS: Tout à la fin, comme si ça ne suffisait pas, on apprend que ce poisson s’appelle également « Latineria Chalumnae ». Ajoutez-le à votre thesaurus, ça pourrait servir.