L’absente de Lionel Duroy. Ed: Julliard.

Unknown-1A la recherche de Suzanne.

Tout est déconstruit dans ce roman, comme la mode de l’écriture semble l’imposer à notre époque. La chronologie n’a guère d’importance alors que le narrateur impose son tempo. Il ressasse son passé: son présent semble vide.
Pauvre narrateur! Lui-même écrivain, en perte d’amour puisque sa dernière compagne, Esther, mère de ses enfants, a pris la clé des champs. Certes, il y eut Mathilde, femme d’un édile pour passer le temps; qui l’a consolé. Mais Augustin promène aux air de dépression, qui ferait le bonheur de tout dispensateur de Prozac. Il a quitté sa région, tente d’en gagner une autre dans sa Peugeot. Il n’a plus de nouvelles de ses enfants mais s’en prive facilement. Il va de ville en ville, plutôt vers l’Est puis vers le Sud après avoir lâché l’Ouest. Déboussolé, il fait des rencontres, qui, si elles ne servent pas au récit, font passer le temps. C’est ainsi qu’il fait la connaissance de Sarah, groupie inconditionnelle, qui fait don de sa personne à cet inconnu, rencontré préalablement dans ses romans.
Mais, là, n’est pas l’essentiel. Pour finir, il va rejoindre le sud-ouest, la région où vécurent ses parents, du côté de Bordeaux. Il va finir pas redécouvrir et retrouver le passé des siens et y apprendre d’étonnantes révélations à propos de son père, surnommé Toto et, surtout, de sa mère, Suzanne qui vécut comme une princesse qui aurait mal tourné en épousant le zigoto.
417WyG19eTL._SX195_Que fait Augustin de ses rencontres? Rien. De Sarah, qui, peut-être l’attend encore à l’hôtel de Bordeaux? Rien non plus. Et d’autres encore dont il se fiche comme de sa dernière chemise.
Certes, au bout de ces pages, on finit par s’attendrir sur le sort de ce pauvre homme ; on s’attache même mais on reste sur une certaine faim littéraire se demandant pourquoi il faut remplir tant de pages pour un si maigre butin.
Alain Dagnez.