« C’est vrai que cette histoire manque de chameaux! » P.337.

Unknown-2C’est un « roman », nous apprend la première de couverture. On veut bien l’admettre mais, au fur et à mesure, le lecteur se dit que cet ouvrage a toutes les apparences d’une saga familiale bien perçue, d’un récit biographique presque auto, d’une histoire des siens. Qui nous emmène de part et d’autre de la Méditerranée, d’une époque à celle-ci.

Au début, Ali, habite Palestro dans l’est de l’Algérie, en Kabylie exactement. Il élève sa famille et cultive l’olive. Il a combattu aux côtés de forces de libération de la France; il a gravi Monte Cassino: il fut un combattant de la Seconde Guerre Mondiale.
Mais, bientôt celle d’Algérie se déclare, il faut choisir son camp: Ali fait celui de la fidélité.

1962, Clap de fin pour celle d’Algérie, départ précipité et hasardeux de ce pays, quelques bagages sous le bras. La famille le rejoint; parquée dans un camp, puis dans des logements relativement plus décents et, enfin, installation dans la région parisienne.
Sa petite fille, Naïma, fille de Hamid et femme libérée, qui travaille pour une galerie d’art, va être, malgré elle ou volontairement, engagée dans une sorte de retour aux sources. Elle n’a obtenu aucune information ni de son père ni de son grand-père. Officiellement, elle reçoit pour mission de rapporter les dessins de Lalla, peintre algérien engagé et malade, afin qu’une exposition rétrospective soit organisée en son honneur à Paris. L’occasion serait-elle trop belle?
51IzDS+3j6L._SX195_Outre le récit de ces mouvements historiques et géographiques, le récit de la vie qui s’installe en France, les difficultés de la famille à trouver sa place malgré les regards malveillants et les a-priori, ce roman qui est écrit dans une langue ciselée, bavarde au sens le plus narratif, agréable à parcourir, finit par nous émouvoir, surtout au moment où Naïma retrouve les lieux de l’enfance de son grand-père mais aussi de son père. Elle croit reconnaître une de ses soeurs et les traits de son père dans les visages de ces personnes qu’elle n’avait jamais vues, : un air de famille.
On plonge dans le quotidien de cette famille déracinée. On respire les parfums de l’Algérie restitués en terre de France. On a aimé les portraits que brosse Alice Zeniter de ce grand-père taiseux tout autant que son fils, la description de Yema, la grand-mère, femme aux nombreux enfants et aux gâteaux délicieux comme là-bas.
On ne voit pas en quoi il pouvait s’agir d’un « art de perdre ». Il était question de retrouver son passé, comme chacun aime le faire à un moment de sa vie, quelle qu’elle soit.
Alain Dagnez.

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