ANGOR de Franck Thilliez. Ed: Fleuve noir.

Angkor de Franck Thilliez. Ed: Fleuve Noir.

A la recherche de Camille désespérément.

Le romans policiers ne  sont plus ce qu’ils étaient: au temps où l’élémentaire l’emportait sur le trash, au temps où les petites cellules grises n’envoyaient personne en cellule noire de dégrisement. Maintenant, il faut s’attendre à l’horrible, au sanglant au sordide. Et on n’est pas déçu.

Ca commence au Mont des Cats, que l’auteur, tout comme le lecteur, connaissent bien, pour être tous deux de la même région.

Il se trouve que le coeur de Camille, jeune policière, greffée réagit, comment dire, indépendamment de la logeuse. Et ce n’est pas folichon. 

D’un autre côté, on retrouve dans un sous-sol boisé, une pauvre fille errant dans des dédales sombres. Les policiers, Julie et Franck Sharko découvrent  que, là même, on se livre à des expériences impensables, qui consistent à enlever de pauvres filles, à les découper en petits morceaux, à les écorcher, s’il le faut, puis à les faire disparaître toute ou en partie. Les indices sont cryptés, trop pour comprendre.

Evidemment, la quête sera longue. Elle nous emmènera en Espagne, en Argentine pour revenir sous nos cieux pour en conclure qu’un trafic d’organes est organisé à grande échelle et que ce n’est pas sans liens avec les enfants volés de l’Espagne franquiste. La mondialisation du crime!

De leur côté, Camille tombe amoureuse de Nicolas, également policier de son état et réciproquement. Ah, l’amour!

Par ailleurs, un certain Mickaël Florès, dont le nom sonne hispanique a devancé tout le monde et semble avoir trouvé un frère jumeau et…la mort.

Ce n’est donc pas un roman simple. L’auteur se plaît à nous compliquer la compréhension: on nage dans les marais de’Argentine; on visite des maisons dangereusement où on ne trouve personne.  Et Camille, notre greffée, non contente d’attendre une autre implantation, va se jeter dans la gueule du loup, toute faible qu’elle est. Non, elle n’est pas prudente, se dit-on.

Cela finira-t-il bien? Allez savoir avec ces écrivains nordistes et leurs manies de nous faire peur. Tremblez, braves gens.

Alain Dagnez