« qui a peur du grand méchant loup » (Comptine).

Il fut un temps où la pédophilie, après les années 68, avait pignon sur rue.

Ce récit, dont tout le monde a entendu parler,  narre l’histoire de cette ancienne petite jeune fille séduite par une célébrité du Gotha littéraire de l’époque. G. Alias  Gabriel Mazneff en est le « héros » négatif. 

Vanessa, en manque de repères, dans un contexte de pauvreté affective – un père absent, qui n’est pas à la hauteur et une mère, qui multiplie les amants – est seule face au prédateur sexuel, rencontré dans un dîner où il brille. Etoile frelatée.

Il la charme d’abord par des poèmes et des compliments puis par des goûters où ça bascule, forcément. La relation sexuelle de domination, déguisée en amour absolu, s’installe durablement. 

Bien sûr, cet homme est célèbre; bien sûr, il a beaucoup de charme; bien sûr, il est au sommet de sa gloire. Il ose tout. Elle l’admire absolument. Eperdument.

On se dit qu’elle va s’enfuir et dénoncer, ce que d’autres auraient sans doute fait. Elle se trouve prisonnière du pédophile, des facilités de l’époque et de l’abandon parental.

Progressivement, elle se rend compte du piège et tente de s’en extirper; elle y parvient avec peine quand elle se rend compte qu’elle n’est pas seule dans la liste des enfants que G. conquiert. Son vieil amant fait de fréquents voyages en Asie à la recherche de jeunes proies exotiques.

Alors, elle met fin à cette relation. Il revient à la charge, sans succès, usant de son charme perverti. Cette toute jeune femme passera des années à se « reconstruire » tant les dommages  l’ont détruite et tant les dégâts sont immenses.

Le lecteur reste pantois, la tête pleine d’interrogations. Est-il possible qu’une enfant de 14 ans ait été abandonnée à son sort, sans que les parents, quelques séparés qu’ils fussent ne soient intervenus? Comment cela fut possible qu’une époque comme celle-ci ait pu accepter médiatiquement, judiciairement que cela soit. Pour s’en rendre compte, il suffit de revoir l’émission de Bernard Pivot, « Apostrophes » pendant laquelle Gabriel Mazneff a pu évoquer son appétit pour les jeunes enfants, sans que personne dans un public rigolard, ne réagisse. Si, une seule, l’auteure canadienne, Denise Bombardier, elle-même victime, dont on se gaussera en direct et en différé.

Ce « roman » a trois vertus: dénoncer les moeurs acceptées d’une époque pas si révolue, éduquer les parents sur leurs devoirs de surveillance et, enfin, servir de guide aux jeunes adolescentes sur la nature parfois trompeuse de leurs sentiments naissants. Leur apprendre à ne pas suivre le grand méchant loup, les yeux fermés.

Alain Dagnez.

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