Marie Curie prend un amant. Irène Frain. Ed: seuil.

« La veuve illustre ». Une femme libre.

Parmi les belles images de nos héros, on trouve celles de Pierre et Marie Curie. On a en tête les photos et représentations de ces deux savants, penchés sur leur découverte; le radium. Le prix Nobel leur est décerné. 

Mais le sort en décide autrement: une charrette, une roue qui passe; Pierre, la tête fracassée, meurt. Chagrin.

L’hagiographie pourrait s’arrêter là et Marie Curie poursuivre sa vie de veuve admirable et célébrée mais le destin va en décider autrement.

Irène Frain nous présente une autre femme: derrière la physicienne, la femme vivante, joyeuse, libre; tout le contraire de l’image lisse, posée, un tantinet rigide.

Paul Langevin, savant lui aussi, inventeur, entre autres, du sonar, qui a donné son nom a de nombreux collèges et écoles, est un intime des Curie. Il est marié avec une furie qui le frappe et l’humilie. Il s’en confie à Marie; ils tombent dans les bras l’un de l’autre. Se noue une idylle aux conséquences dévastatrices: la ligue de bonnes moeurs s’en prend aux amants pour conduite immorale. La presse, pas avare de choux gras, publie des lettres, on pénètre chez Marie Curie, on casse, on invective, on poursuit. Le scandale.

Pour calmer les événements, Marie et Paul finissent par promettre de ne plus se voir.

D’un autre côté, Marie, par les expériences qu’elle mène est pressentie pour un deuxième prix Nobel, de chimie cette fois. Qu’elle obtient. Première femme à recevoir deux fois cette distinction.

Tel est ce récit incroyable d’une savante amoureuse deux fois, prix Nobel deux fois.

On voudrait que nos héros aient une vie lisse et sage et qu’ils se contentent de rester dans la case qu’on leur assigne, par goût de la simplicité, voire du simplisme. Les savants ont aussi des sentiments.

Chez les Curie, tout le monde a eu un prix Nobel: Marie, Pierre, Irène Joliot-Curie, leur fille, avec son mari. Seule, Eva, pianiste reconnue et seconde fille plaisantera sur cette défaillance, la concernant, ajoutant non sans malice, que son mari, avait reçu le prix Nobel de la Paix pour son engagement dans la création de l’UNICEF. Certaines personnes ont des fréquentations réussies.

Alain Dagnez.

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